Les textes

Quand je n’écris pas dans le cadre de mon travail à Vih.org, j’écris d’autres textes, souvent de l’autofiction, que je rassemble ici depuis des années. J’aimerais avoir plus de temps pour écrire plus, et si vous aussi vous aimeriez que j’ai plus de temps pour écrire plus, vous pouvez m’aider en me payant un ko-fi.

  • Les lumières de Noël

    Les lumières de Noël

    À Noël, l’année dernière, Béa était fatiguée, sa douleur à la hanche ne partait pas, et on était un peu inquiet. Elle enchainait les rendez-vous, là, c’était le dentiste, parce que sa mâchoire l’empêchait de dormir. Une conséquence de ses années de problèmes d’alcool, selon elle, une addition qu’elle consentait à payer maintenant qu’elle allait mieux.

  • Béatrice

    Béatrice

    Depuis presque un mois, nous recevons tous les jours des témoignages d’amour, de manque, de tristesse, de joie, qui nous rappellent combien Béa par sa chaleur, sa liberté, sa force, son humour, a bouleversé les vies des personnes qu’elle a croisées.

  • Le fantôme dans la machine

    Le fantôme dans la machine

    J’ai souvent du mal à m’endormir. Le soir, allongé dans mon lit, je tourne, la peau à vif, en cherchant la fraîcheur qui apaisera mes jambes brûlantes, je me perds dans les histoires murmurées dans mon casque et je rêve de pouvoir uploader ma conscience hors de ce corps trop lourd.

  • Le temps du sida

    Le temps du sida

    Christophe Martet prend sa retraite de journaliste. Une petite anecdote pour l’occasion, parce que j’ai la chance de connaître Christophe depuis mon passage à Act up-Paris et Têtu.

  • Je déteste le 1er décembre

    Je déteste le 1er décembre

    Je déteste le 1er décembre. Je déteste le 1er décembre comme on on peut détester le sida, je déteste le 1er décembre comme on peut détester l’apathie. Je déteste le 1er décembre comme le jour où on parade ces morts. Je déteste le 1er décembre comme je déteste tous ces politiques qui s’en foutent depuis […]

  • Tout contre

    Tout contre

    Vous ne savez pas ce que c’est. On rigole avec vous, on bosse avec vous, on s’établit dans la vie, on est mariés, même, parfois, maintenant. On marche dans vos pas, déguisés en vous, en portant vos vêtements, vos gestes, vos sourires, parce que nous aussi, on applique ce qu’on nous a appris, nous aussi on essaye de traverser cette vie en s’en prenant le moins possible dans la gueule,…

  • Le maître de jeu

    Le maître de jeu

    Ma sœur et moi avons partagé une chambre toute notre enfance. Dans mon souvenir, le papier peint moutarde était fatigué, et baignait l’appartement haussmannien hors de prix dans une lumière triste. Ma mère l’avait choisi pour son emplacement juste après son divorce, quand elle a décidé de revenir à Paris et que son monde s’écroulait. Désormais, elle ne pensait qu’à notre futur.

  • 44

    44

    C’est la période de l’année où les nuits se rafraîchissent. Il y a des belles journées encore mais le soleil ne chauffe plus autant.

  • Jusqu’au bord

    Parfois, j’attends juste un peu trop longtemps pour renouveler mes médicaments. Pas trop, il m’en reste toujours assez pour ne pas tomber à sec, mais juste assez peu pour que ce soit à un jour près. Ou le jour même.

  • Et la santé

    Et la santé

    J’y pense à chaque fois: il y a une boule de matière en fusion, à des milliers de kilomètres de nous, qui brille suffisamment fort pour que, quand les nuages s’écartent, non seulement sa lumière arrive au fond de nos yeux, mais qu’on ressente, sur notre peau, au plus profond de nous, la brûlure des ses ardeurs.

  • Le placard

    Le placard

    Quitter le placard, c’était quitter l’isolement terrible de l’enfance et courir bras ouverts vers la communauté, me fondre en elle, trouver mes pairs et ne plus être seul, ne plus être questionné en permanence, ne plus être effacé. Exister en tant qu’objet de désir, aussi. La communauté m’a sauvé la vie.

  • On a pas tous les jours

    On a pas tous les jours

    Je n’arrive pas à dormir. Au début, je me suis dit, c’est la super lune. Elle est trop proche de nous, je suis trop plein d’eau, de larmes, de sang, d’humeurs, du coup, la marée des boyaux m’empêche de dormir. Mais non, ça fait plusieurs jours.

  • Feu le quatrième pouvoir

    Feu le quatrième pouvoir

    Les formulaires de renouvellement de la carte de presse sont sur mon bureau. J’ai, comme chaque année, du mal à les remplir, parce que la réalité du boulot ne m’a jamais semblé aussi loin du rôle des médias.

  • Les grandes questions

    Les grandes questions

    Je me rappelle précisément, enfant, regarder Dalida chanter à la télé en robe rose à froufrous et me tourner vers ma mère pour demander pourquoi les gens n’aimaient pas Dalida, elle était super pro et s’habillait super bien pourtant. Je me souviens, enfant encore, voir les pubs dans le métro et me tourner vers ma […]

  • Un baiser dans la nuit

    Un baiser dans la nuit

    Ce soir, il faisait encore chaud. J’ai pris mon vélo et je suis descendu voir Notre Dame. Je rentrais tranquillement, parce que c’était une jolie nuit d’été, en chantonnant des chansons d’amour. Je passe par le Parc de La Villette, et du coin de l’oeil, je vois un couple qui s’embrasse. Des cheveux longs et blonds, une petite silhouette brune. Et un groupe de jeunes hommes qui s’approchent d’eux.

  • L’île des Morts

    L’île des Morts

    Et soudain, le sida de 1990 dont personne ne voulait entendre parler à l’époque, le sida qui tuait en France tous les jours des pédés, des toxicos, des putes sans que ça ne dérange plus que ça la majorité de la population, est l’objet de tout un tas de sujets, papiers, documentaires, éditos.

  • Give me things that don’t get lost

    Tomber sur ça et verser une larme. J’écoutais cette chanson il y a dix ans, dans la ville même de Neil Young, Toronto, les yeux mouillés déjà, en pensant à Michel qui venait de mourir de l’autre côté de l’océan.

  • Le chant du canari

    Le chant du canari

    Quand j’arrive à dormir, je fais des rêves inquiétants. Je suis à l’intérieur d’un gigantesque corps humain collectif, où chacun est occupé à essayer de comprendre quelle est sa place dans la machine globale.

  • Impénitent

    Je ne sais pas si George Michael est mort des suites d’une infection par le VIH, et pourtant, évidemment, j’y pense.

  • 70 bougies

    70 bougies

    Le 25 décembre dernier, on fêtait Noël à Bordeaux. Il faisait grand soleil, et ma mère et moi en avons profité pour aller nous balader aux Chartrons.